Le jour où j’ai compris

Avant que je me sépare du père de ma fille, il y a eu une longue, très longue période houleuse, faite de disputes, de rancoeurs, de manipulations, tout ça sur le fond de la feignasserie monumentale du personnage et de sa non-implication absolue à tout ce qui touchait à sa fille.

Si, au début, on arrivait à attendre d’être à deux pour déclencher les hostilités, le raz-le-bol était bientôt si grand que bien souvent, les reproches pleuvaient en présence des enfants, les siens, et le mien (le nôtre…).

Mes beaux-enfants, qui ne sont pas idiots, voyaient bien qu’il y avait un gros ver dans la pomme. Jusque-là, avec ma belle-fille, c’était l’osmose. Des câlins sans arrêt, des « je t’aime », des cadeaux et dessins par milliers. Partout où j’allais, elle voulait venir, tout ce que je faisais, elle regardait, voulait faire avec moi. J’éprouvais cette grande satisfaction illusoire d’être une belle-mère accomplie, aimée, épanouie.

Mais un soir, chez mes ex-beaux-parents, la dispute a dégénéré. Nous étions arrivés chez eux après une course à 30km de là, et nous avons fait la route dans la nuit, sous une pluie battante, à 120 km/h sur un axe limité à 70. Mes tentatives pour faire freiner l’énergumène se sont soldées par des soupirs exaspérés et des commentaires du style « je gèèèèèèreuuuh » d’une débilité affligeante. Bref, je suis arrivée chez mes ex-beaux-parents dans un état entre le soulagement d’être toujours vivante et entière (et ma fille aussi) et une rage impuissante incontrôlable.

On s’est donc engueulés, bien comme il faut, jusqu’à ce que, subitement, ma belle-fille, en bonne pré-ado, se mette à hurler : « Arrêtez, j’en peux plus, vous me faites tous chier!!!! »… Et elle est montée, en pleurs, pour se cacher dans une des chambres. C’était la première fois qu’elle réagissait ainsi. Ca m’a calmé direct.

Je suis montée la voir, je voulais m’excuser, expliquer… j’étais si désolée de lui faire vivre ça. Mais j’ai pas eu le temps… Quand j’ai voulu m’approcher d’elle, elle s’est reculée, comme piquée par un crotale, et elle a grogné : « Je veux pas te voir! »… Ses yeux brillaient de haine, tout son visage exprimait le refus, la colère, la rage…

Ce soir-là, j’ai compris que la relation belle-mère/beaux-enfants, c’est un fragile, très fragile château de cartes, prêt à s’écrouler à la première occasion…

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