La femme, égale de l’homme?

Nous vivons dans une société qui prône l’égalité des femmes. Nous, quarantenaires, sommes les filles de celles qui ont brûlé leur soutif en signe de libération, qui se sont battues pour obtenir une reconnaissance de la société, un statut autre que celui de poule-pondeuse et robot ménager multi-fonctions.

En ce moment, alors que le débat « théorie des genres » agite notre société, je me demande souvent quelle aurait été ma vie si j’avais vécu cent ans plus tôt. Et lorsque le sujet arrive à table, mes opinions font souvent dresser les cheveux sur la tête des gens. Mais…, mais… depuis quelques temps, chez les copines, des petites voix s’élèvent, de plus en plus, qui sont d’accord avec moi : c’était certainement mieux avant! Même sans la pilule.

Au risque de heurter, je le clame haut et fort : il faut arrêter de nous faire croire que la femme est l’égale de l’homme. Qu’elle ait droit au même salaire qu’un homme lorsque le travail accompli est le même, c’est une évidence. Qu’elle ait le droit de voter, de penser, de maîtriser sa fertilité, tout ça, bien sûr, cela va de soi, mais égale à l’homme? Non, je ne crois pas.

Physiquement, nous sommes plus faibles, notre sensibilité est toute différente et notre cerveau ne fonctionne pas pareil. Nous sommes régies par des hormones différentes, à moins de s’appeler tata Paulette, et d’avoir de la moustache qui pique! Paradoxalement, si nous sommes incapables d’abattre un chêne de 15 mètres ou de ramener 5 packs d’eau des courses, nous avons une autre force que les hommes n’ont pas : celle de savoir donner la vie. Tout ça pour dire que non, physiquement, nous ne sommes pas l’égale de l’homme.

Autrefois, dans les sociétés balbutiantes, chacun avait son rôle, c’était simple : homme chasser mammouth, femme faire enfants et cuisiner pour homme fatigué! Il y a cent ans, les mammouths n’existaient plus, mais les femmes étaient toujours au foyer, pour tenir la maison, élever les enfants, et s’occuper du mari qui, lui, travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille.

Aujourd’hui, les rôles sont brouillés, inversés, parfois, et je me demande de plus en plus si ce n’est pas pour cela que notre société va si mal. Les femmes claquent des sommes astronomiques, l’état dépense des fortunes pour faire garder les enfants, au nom de la « réalisation personnelle » des femmes qui ont « besoin » de travailler. J’ai besoin d’avoir une vie sociale, disent-elles… Comme si la vie se passait au travail, comme si elles n’étaient rien en restant à la maison. Il faut admettre que nos aïeules ont bien fait leur boulot, aujourd’hui, c’est toujours super mal vu d’être « femme/mère au foyer ». En gros, on passe pour une bourge qui n’a rien d’autre à faire que de flâner dans les magasins et se faire rafraîchir la french manucure, avant d’aller potiner devant l’école (privée) à l’heure des mamans.

Aujourd’hui, donc, les enfants sont confiés à la nounou ou la crèche, dès 10 semaines de vie. Aujourd’hui maman bosse, et le soir, elle rentre, crevée, pour continuer la course avec le dîner, le bain, l’histoire lue en vitesse, sans oublier les devoirs. Elle gère la majorité des tâches ménagères (c’est les sondages qui le disent!), les activités du mercredi, les petits et les gros bobos. Et puis quand elle a fait tout ça, il vaut mieux pour elle qu’elle ait encore envie d’un petit 5 à 7 00h30 à 00h45 avec son homme, si elle ne veut pas à long terme venir grossir les rangs des mamans célibataires/séparées/divorcées…

Avant, les enfants avaient une maman qui a le temps de jouer, préparer un gâteau, promener, faire les devoirs se-rei-ne-ment. On avait pas besoin de F.L.Y. entre le pressing et l’orthodontiste de l’ado, et puis madame avait aussi plus de temps pour être femme. Chacun son rôle, chacun sa place.

Et moi, j’aurais voulu vivre comme ça. Je n’ai pas demandé à bosser nuit et jour pour avoir juste de quoi payer mes factures et être déjà à découvert le 15 du mois. J’ai pas demandé à subir cette course effrénée du matin au soir. J’ai pas demandé à faire des enfants pour m’en séparer aussitôt. Rater toutes leurs premières fois, ne pas être celle qui les câline le plus. J’ai pas demandé à tomber amoureuse si fort, povoir mon homme en coup de vent, soit le matin la tête dans le sac, soit après l’Atarax du soir… Vivre cette grise routine ou il faut s’y prendre trois mois à l’avance et manger des pâtes pour avoir 2-3 heures en amoureux, de temps à autre. J’ai pas demandé à avoir honte la plupart du temps en cas de visite impromptue, car le panier à linge déborde, et les toilettes sont cracra. J’ai pas demandé à péter les plombs au moindre caprice de ma fille, car nerveusement, je suis à bout. A bout de courir, du lever au coucher, sans répit.

Oui, j’aurais aimé pouvoir ne pas travailler, oui j’aurais aimé tenir ma maison et laver les chaussettes de mon mari. Avoir plein d’enfants et les élever dans l’amour, la tendresse et la sérénité. Leur fabriquer tous ces jouets, tous ces vêtements que j’ai dans la tête depuis si longtemps, finir ce pull pour mon amoureux qui était sensé le réchauffer l’hiver d’il y a 2 ans…

Et oui, j’en aurai tiré une grande satisfaction, je me serais sentie pleinement réalisée. Certainement plus qu’aujourd’hui, où, les jours où il pleut un peu trop, je me demande ce que je fous là, et à quoi ça sert, tout ça.

Alors, si j’avais une baguette magique, je… non, je ne reviendrais pas cent ans en arrière, mais je tirerais les leçons de notre passé. Et j’imagine…

– Une allocation DECENTE pour la femme (ou l’homme puisqu’il faut que tout le monde soit égal, hein!) qui voudrait rester au foyer. Imaginons un instant tous les postes qui se libéreraient, le chômage réduit, les dépenses de l’état réduites… Mais quand je dis ça, on me regarde de travers, et on me soupçonne d’adhérer au FN…

– Pour celles qui ont vraiment le besoin de travailler, ne pas devoir faire ce choix déchirant enfant ou travail. J’aimerais qu’on puisse prendre un congé parental sans devoir calculer combien il nous resterait pour survivre.

– Et puis…j’aimerais que celles qui travaillent puisse en obtenir un salaire tel qu’il ne serve pas uniquement à payer la nounou, l’edf et les impôts. J’aimerais qu’un caddie de courses pour le week-end ne coûte pas l’équivalent d’un caddie pour la semaine il y a même pas dix ans. J’aimerais que ça vaille le coup, qu’on puisse faire des projets, profiter, construire…

Mais je crois que je m’éloigne du sujet premier…

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7 commentaires sur “La femme, égale de l’homme?

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  1. tellement d’accord avec vous… on fait vivre un début de vie aux enfants qui est juste horrible.. on a le temps de rien.. et on leur fait payer malgré nous car on est stressée et à fleur de peau…

    1. Tout à fait. On a le temps de rien faire à fond.
      Cela dit, j’ai de la chance : pour mes deux enfants, j’ai eu, à chaque fois, des nounous adorables, en qui j’ai entière confiance. Ca rend plus facile la séparation!

  2. Ben non… Moi je ne peux pas être OK… Evidemment que c’est dur pour eux et pour nous, mais il y a cent ans, je pense que c’était pire! L’image d’épinal de la famille avec le bon père de famille qui part au boulot et subvient aux besoins, ça a peut-être existé très brièvement dans les 30 glorieuses (et au prix de quelle aliénation ?), mais avant ça, comment faisaient les ouvriers ? Comment faisaient les paysans ? Et sans compter la liberté que nous avons gagnée!!! Alors non le discours nostalgique de quelque chose qui n’a jamais existé, non! Bien sûr ça n’empêche pas d’imaginer un mode de vie plus équilibré, d’imaginer des nouvelles solutions, mais pas de retour en arrière!!!
    Et oui la femme est l’égale de l’homme!!! ça ne veut pas dire que nous sommes pareils, ça veut juste dire que nous avons les mêmes droits!
    Désolée, mais ce post m’a fait bondir, il faut arrêter de lire Mars et Venus et lire par exemple Françoise Héritier pour comprendre que nos cerveaux ne sont pas vraiment différents mais que nous sommes bien formatés dès la naissance…

  3. Rien ne vous empêche d’arrêter votre travail, et de vous laisser vivre sur les aides sociales et le salaire de votre mari, qui devra peut être passer plus de temps au travail (tout comme dans le monde d’il y a 100 ans). De nombreuses familles à l’heure actuelle vivent encore de cette manière, vous pouvez aussi. Surtout si vous vous passez de tout le confort procuré par les nouvelles technologies et que n’utilisez que des choses qui ont été inventées il y a plus de 100 ans.

    Et si vraiment vous ne pouvez pas vous passer de votre confort moderne, faites assistante maternelle, comme ça vous pourrez gagnez de l’argent tout en vous occupant de nombreux enfants à domicile (ce que ma mère a fait pendant des années).

    N’accusez pas le féminisme de votre mode de vie actuel, aucune loi, ni aucune pression sociale ne vous empêche de vivre comme vous le souhaitez.

    D’ailleurs le féminisme défend au contraire le droit à chaque femme de vivre de la manière qu’elle a choisi…

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