Il y a 3 ans…

Ma petite fille a 3 ans…

C’est l’occasion de faire la fête, bien sûr, mais aussi, chaque année, l’occasion de se rappeler ce moment si intense qu’était sa naissance.

J’ai retrouvé ce texte que j’avais écrit une semaine après l’arrivée de ma fille, pour tenter de garder les émotions de ce moment si intense, même si aucun mot ne sera jamais assez fort pour décrire ce qu’on ressent quand on devient parent.

J’ai juste modifié les noms…

De retour depuis hier après-midi de la mater… Epuisés mais complètement gagas de notre petite fille… Je ne réalise pas encore tout à fait, tout à été si vite… et puis elle est si jolie…

Tous les trois on cherche encore nos marques, et puis Chipette est trop belle mais elle a un sacré caractère et fait des très grosses colères quand elle n’est pas contente. Elle est aussi très vorace… Je passe donc mes journées à la nourrir, la bercer, l’admirer…encore la nourrir… Sein, tire-lait et complément au biberon si nécessaire…

Au niveau de l’accouchement, alors ça a été une expérience………. moi qui flippait tellement…

Depuis 15 jours donc je prenais mon traitement homéo, et je me préparais psychologiquement à gérer tout ça sans péri, puisque mon taux de plaquettes était toujours catastrophique et qu’il y avait risque d’hémorragie…

Mardi, séance d’acupuncture pour favoriser l’ouverture du col. Et le soir, je sentais que ça tirait différemment, plus intensément. Mais c’était pas du tout douloureux.

Vendredi soir, je vais à un vernissage très sympa, ou je retrouve la plupart de mes copains et copines. Je discute avec chacun, et on dirait que je leur dit « au revoir » avant de partir pour un grand voyage… Un pressentiment peut-être?

Samedi, rien ne laisse présager un accouchement. Dans l’après-midi, ça tire comme l’autre fois après l’acupuncture. Mais rien d’extraordinaire.

Je me dis qu’il est vraiment temps de finir cette fichue valise. Et puis il reste du repassage… Je descends, mr Ex installe la planche à repasser et descend mon (énorme) tas de linge. Il est 19h30 pétantes, et subitement, je sens un truc bizarre dans la culotte……

Je vais voir et pas de doute, je perds le fameux bouchon (top glamour!). Moi qui stressais à l’idée de perdre les eaux je ne sais où, c’est finalement le bouchon qui arrive en premier!!!

Je ne m’affole pas, je me dis tiens, on le perd mais on peut accoucher une semaine plus tard. De toute façon j’ai décidé de garder ma puce jusqu’au dernier jour…

Je m’assois dans le canapé, je suis si fatiguée… Je dis à mr Ex que j’ai perdu le bouchon.

Je me relève péniblement, et commence mon repassage. Aïe, ça tire vachement quand je suis debout… Allez courage… Et là, subitement, je me dis : j’y arrive pas, je repasse juste les trucs que j’ai prévus de mettre dans la valise. Le reste retourne en vrac dans le bac à linge.

Je remonte dans la chambre, et je finis ma valise, toujours gênée par cette pesanteur dans le bide, et ces tiraillements.

Ensuite, je me dis que je ne suis pas lavée… Or, on ne sait jamais… quand même… hop, une douche. Ben oui, tellement crevée que desfois je dois vraiment me booster pour me trainer sous la douche, m’habiller, tout ça…

Je redescends, rejoins mr Ex devant la télé, sur le canapé.

Puis discrètement, comme ça, j’ouvre l’appli « compteur de contractions » sur le iphone. Juste pour voir.

1er tiraillement…

2eme…

intervalle 5 minutes. 3eme tiraillement. Encore 5 minutes… Tiens?

Puis 7… Puis 6… 3 et 3…et 4… et 5… puis 10, et re-4… Non, ce n’est pas régulier, ça…!

Mais ça fait un peu mal quand même… ça faisait pas mal comme ça tout à l’heure??? Bon en même temps c’est rien du tout, hein?

Il est 9 heures. Mr Ex demande si j’ai faim.

Bof. Pas trop. Mais on mange quand même, des pâtes.

Ensuite, j’ai une espèce d’amnésie… Je sais qu’à un moment, j’ai pris deux spasfons, je me suis couchée, mr Ex s’est allongé à côté de moi, j’ai regardé encore les intervalles des contractions, c’était pareil, et on s’est endormis. A AUCUN moment, et je ne comprendrais JAMAIS, à aucun moment je me suis dit que j’étais en train d’accoucher…

Je crois que j’ai rêvé que je continuais à minuter les contractions. Parce que oui, c’était des contractions, il fallait l’admettre. Mais j’étais persuadée que c’était bien trop léger pour être des VRAIES contractions.

En tout cas, vers 1h30, je me réveille soudainement, car j’ai mal. Enfin… mal… c’est vraiment étrange. Ca tire avec une pression très forte, tout en poussant sur mes fesses. Indescriptible sensation. Mais ce n’est pas du tout les énoooormes crampes de règles que j’attendais. En tout cas, ça surprend par sa force, aaaaye… je commence à gémir, j’essaye de respirer comme on nous l’a appris en cours de prépa. Complètement inefficace. J’ai l’impression que ça empire la douleur.

A un de mes gémissements, mr Ex se réveille, et sursaute en me voyant. Il me dit « Pourquoi tu m’as pas réveillé? »

Moi : « Ben pourquoi??? »

Lui : « Ben je crois qu’il faut qu’on aille à la mater, là, t’as vu ta tête???? »

Moi : « Tu crois??? Pffff… nan, à tout les coups c’est un faux travail, ils vont nous renvoyer à la maison, et ça va me déprimer, car je me dirai que chuis une chochotte qui gère pas les fausses contractions… »

Bref, il arrive à me convaincre, et descend la valise. Je continue de lui dire que c’est inutile, qu’il viendra chercher la valise si VRAIMENT y’a quelque chose.

Dans la cuisine, et en station debout, je me rends compte que ça douille. Arghhh. Je me rappelle qu’à un moment je me suis dit que je n’arriverai pas à aller jusqu’à l’hôpital.

Le trajet vers la mater se déroule dans un brouillard, je suis dans un drôle d’état. Je me souviens de rien, même pas si j’ai eu des contractions sur la route. Le trajet vers la mater est complètement effacé de ma mémoire! Il est 3 heures du matin quand on arrive aux urgences. Je rentre toute seule pendant que mr Ex gare la voiture correctement.

Le monsieur à l’enregistrement me salue, demande pourquoi je viens (pour faire un tennis ah ah ah) et je lui tends juste ma carte vitale, sans rien dire. Je suis assommée par une fatigue sans nom, je n’arrive même plus à parler. Il comprend tout de suite ce qui se passe, et appelle pour qu’on ramène une chaise. Mais je PEUX et je VEUX marcher, c’est juste quelques mètres.

On nous fait attendre 15 minutes en salle d’attente, avec d’autre GENS. Sur une CHAISE. Putain, c’est inconfortable. Et j’ai une contraction, làààà…. arghhhh… tout le monde me regarde sans aucune gêne, et avec un intérêt manifeste… Brrefffff…

Une SF vient ENFIN nous chercher, et je mets bien 10 minutes à m’extirper de mes vêtements, faire mon pipi, gérer tout ça. Elle nous explique qu’elle va m’examiner, et ensuite, comme je n’aurai pas de péri, on me mettra dans une salle de « pré-travail » ou je pourrai gérer les contractions avec le ballon, tout ça. Elle me dit que j’aurai des médocs, une pompe à morphine… Moi, j’arrête pas de répéter : « Je vais pas y arriver, je vais pas y arriver ».

Mais si, qu’elle me dit. Et moi « Non, vraiment, vous ne vous rendez pas compte, je SAIS que je vais pas y arriver »

(Elle a du sourire intérieurement!!!)

Un petit TV plus tard, j’apprends la nouvelle incroyable : mon « faux-travail » a ouvert mon col, qui est complètement effacé et dilaté à 4 cm…

J’y crois pas!!!!!

On passe au monitoring, 30 minutes. Mauvais souvenir. Ne pas trop bouger, gérer cette incroyable pression-tension-poussée-jesaispastropquoi… Il y a une autre dame et son mec à côté de nous, et son mec me regarde d’un air effrayé, alors que je fais tout pour gérer dignement. J’essaye d’être le plus silencieuse possible et de me tortiller le moins possible. Sur le monito, les contractions sont en fait vraiment balèses, dixit la SF. Mr Ex est à côté de moi, et me tient la main, quand je le veux bien. Je continue avec ma litanie « je vais pas y arriver » que je n’arrête pas de répéter comme un mantra… Quand y’a une contraction, je regarde l’aiguille des secondes tourner sur la pendule. Car je sais que ça dure entre 45 et 60 secondes à chaque fois. Ca me booste plus que la respiration, qui reste complètement inefficace pour moi. Quand je respire comme on nous l’a montré, ça devient insoutenable.

La SF revient, pose la voie veineuse, j’ai droit à 2 spasfons que je vomis direct, et 3 at*r*x histoire d’être shootée et zen. Ceux-là je ne les vomis pas hehehe!!!!

A un moment elle décide d’arrêter le monito en avance, chépa pourquoi, elle veut me réexaminer tout de suite.

Verdict : ouverte à 5, même 6 quand ça contracte. Donc en 15 minutes environ, je suis passée de 4 à 5-6. Eh ben, ça va vite!

Elle me dit « On va aller en mnnmnmnmnnmnmnnmnm »

Je ne comprends pas la fin de la phrase car une contraction arrive. Je demande à mr Ex : « Ca y est, on va dans la salle de pré-travail? », et là, il me répond en rigolant : « Non non, on va en salle de naissance! » Je pensais qu’il se foutait de moi, mais non!

La SF ne veut pas que je me rhabille, elle me fait un paréo avec un drap et on part direct… en salle de naissance n°4…

Sur le chemin, dans mon fauteuil roulant, je me prends une claque. Je réalise que c’est sérieux, qu’il n’y a plus de retour possible, et qu’il va falloir y aller. Sans péri…

La SF qui nous accueille est une jeune diplômée, adorable. C’est Pauline. La nuit est calme pour une fois (alors qu’on est dans la plus grosse mater de la région). Elle restera avec nous… presque jusqu’au bout…

Je recommence avec mes « je vais pas y arriver », et aussi maintenant « aidez-moi, aidez-moi »… Ce n’est même pas que ça faisait trop mal, mais je crois que c’est la FORCE de la contraction que je n’arrivais pas à gérer. C’est dur à expliquer… Par exemple, j’avais carrément moins mal que pendant une migraine, mais la migraine, c’est une douleur que je connais, alors que là c’était nouveau et ça me faisait peur.

Pauline est désolée pour moi, elle ne peut rien faire… Elle demande à mr Ex de m’aider à gérer les contractions et respirer avec moi. Mr Ex, je précise, n’avait pas voulu venir avec moi pour la préparation à l’accouchement. Il m’avait sorti qu’il l’avait déjà fait et qu’il savait ce qu’il faut faire. Résultat : il s’est planté à côté de moi, et à commencé à faire un semblant de respiration-du-petit-chien-qu’on-fait-plus-depuis-20-ans et il m’a prodigieusement énervé. Je l’ai envoyé chier en disait qu’il faisait n’importe quoi, et j’ai demandé à Pauline de me tenir la main à la place! Elle m’a aidé à gérer les contractions suivantes qui étaient assez fortes, et quand elle sent que je vais perdre pied, elle va me rechercher. Ce qui me manque le plus pendant les contractions, c’est un truc pour me suspendre… genre une potence comme sur les lits d’hôpital… Je visualise des salles d’accouchement que j’ai vues à la télé, avec des cordes suspendues au plafond, et j’ai juste envie de me pendre!!

Mais Pauline me dit qu’elle est impressionnée, que je gère ça génialement, et que la plupart des femmes à ce stade ne tiennent plus sur la table et hurlent de douleur.

Je fais un air modeste qui la fait rire. Et… je lui sort « Ouais ouais là ça va mais vous allez voir, après, ça va plus aller du tout, je vais pas y arriver! ». J’ai dû la gonfler avec ça!! On arrête pas de plaisanter, même au plus fort des contractions, je sors des trucs incroyables qui font rire tout le monde (merci aux At*r*x).

Il est 6 heures, on est à la mater depuis 3 heures, et je suis ouverte à… 8 cm, 9 cm au moment des contractions. C’est le fameux « stade de désespérance » où la plupart des femmes sans péri ne gèrent plus rien.

Et là il se passe un truc de dingue…

Il faut savoir que la veille, j’avais fait une PDS pour contrôler mon taux de plaquettes, qui était à 82000, et la péri, ben il faut avoir au moins 100000.

En arrivant à la mater, la SF a voulu me refaire un bilan. Mais moi j’ai refusé, j’ai dit non merci ça fait 3 mois que ça chute, je ne veux pas de faux espoirs, merci bien, pas la peine.

En fait, sans rien me dire, elle m’a prélevé du sang et l’a envoyé en urgence au labo.

Et à 6 heures, donc, un anesthésiste arrive, et me dit « si vous voulez toujours la péri, je peux vous la faire, votre taux de plaquettes est à 99000…

J’ai répondu que ça devait être une erreur, tout ça… et en fait non!!!!! Hallelujah!!!!

L’anesthésiste, donc, me redemande si je veux toujours la péri, et moi, très cool à ce moment-là, je réponds : » Beeeen…ouais, ok alors! ». Tranquille. Avec du recul, je sais maintenant que j’avais passé le plus difficile, et que j’étais dans le petit moment de pause avant qu’arrivent les contractions de poussées. La fin, donc.

Du coup il fallait se dépêcher, car l’accouchement était vraiment imminent. L’anesthésiste a dû piquer plusieurs fois, car pendant qu’il piquait, j’ai eu des contractions tellement énormes qu’elles ont dépassé du monito.

Et juste au moment où il a dit « ça y est j’ai réussi à la poser » une bombe de contraction m’a littéralement explosé la poche des eaux, ça a tout éclaboussé, y’en avait sur le mur, partout… (véridique!)

Presque immédiatement, que dire… quel bonheur… quand on a mal, et qu’on peut appuyer sur une pompe, et hop! adieu la douleur, trop bien…

Mais vous allez me dire, j’avais géré sans jusque là, pourquoi ne pas finir sans???

Eh ben tout simplement que j’ai pas l’étoffe d’une héroïne, et que l’expulsion me faisait peur, et que les heures qui ont suivi étaient tellement zen que je ne regrette pas. Alors oui, la péri a fait stagner le travail. De 7 heures à 10h30, arrivée de ma puce, il restait juste un tout petit bout de rien du tout de col qui a fait que je n’avais pas le droit de pousser, car ça aurait pu tout déchirer.

Et puis tout allait tellement vite, que pendant ces heures, j’ai pu atterrir un peu, et réaliser ce qui était en train de se passer…

Malheureusement, Pauline, si gentille, a du partir. Elle a fait quand même une heure sup, car elle voulait trop voir la bouille de ma puce (adorable de sa part!!!) mais à un moment donné il fallait vraiment qu’elle parte. La SF qui l’a remplacée était plus froide, mais bon… Elle s’appelle Peggy.

Enfin, à 10h20, le signal de départ a été donné. J’ai poussé, poussé, poussé… Pendant, je n’entendais plus rien, je ne voyais plus rien. A un moment donné, l’anesthésiste, qui n’arrêtait pas de plaisanter, m’a fait signer de regarder la montre, et je n’ai pas compris pourquoi. Mais quelques minutes plus tard, j’ai compris : une puéricultrice s’est approchée de mon lit, et elle tenait dans ses bras écartés un linge réchauffé, prêt pour accueillir……….. mon bébé….. Non ?

Si…

Subitement, sans rien sentir, comme un soleil qui se lève, j’ai vu apparaître entre mes jambes…

Ma fille…

Toute rose, toute propre, terriblement belle…

La SF me dit « vous ne voulez pas la prendre??? »

Et alors, je l’ai tirée vers moi, elle était encore à moitié dans moi… Elle était tout glissante et gluante, j’avais peur qu’elle m’échappe… J’ai dit « j’ai peur de la faire glisser ! » alors Peggy m’a aidée et l’a sortie avec moi. » Et puis je l’ai posée sur moi, toute chaude, toute molle et confiante, et elle a émis un petit gargouillis, avant de s’endormir d’un air satisfait… J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, le papa aussi… Mon bébé a compris qu’il se tramait quelque chose d’inhabituel, et elle a pleuré aussi un petit peu, une toute petite voix éraillée de petite sorcière…

Je l’ai su qu’après, mais en fait le papa a tout vu en gros plan (j’ai rien capté) et donc il a vraiment vu naître sa puce…

Elle pesait 3,7 kg et mesurait 52 cm.

Le séjour, j’ai moins apprécié, mais ça je raconterai une autre fois!

J’étais tellement phobique de l’accouchement, que je ne pensais vraiment pas dire un jour :

C’était le plus beau jour de ma vie……….

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :