Pour une poignée de miettes

Il y a les ados qui ont l’habitude d’aider quelque peu dans la maison, et il y a… les autres.

Il y a ce fantasme de la mère de famille super zen et épanouie, et la réalité, pas coiffée, sapée à la va-vite, qui pousse une gueulante pour une chaussette qui traîne, pour une trace par terre, pour quelques miettes qui, sorties du contexte, sont si insignifiantes qu’on a honte de s’énerver « pour ça ».

Seulement voilà, c’est quelques miettes, ça fait des jours, des semaines, des mois qu’on les voit. Jamais les mêmes, oh non, puisqu’on finit toujours par les enlever.

Au début, on le fait sans broncher. On a hérité d’enfants supplémentaires, qui sont… des enfants, justement. Alors on nettoie. Et accessoirement, on suggère à l’ado de nettoyer elle-même, la prochaine fois.

Sauf que « la prochaine fois », ben elle est à la bourre, et n’a donc pas le temps. Alors, on nettoie.

La fois d’après, elle oublie, et nous voyant nettoyer elle s’excuse, la bouche en coeur, que dé-ci-dé-ment, elle n’y pense pas.

On nettoie, encore et encore.

En grinçant des dents.

Et puis progressivement, insidieusement, les miettes deviennent de plus en plus grosses. Sur le plan de travail de la cuisine, elles clignotent, on ne voit qu’elles.

On nettoie. Mais elles reviennent, les salopes, toujours et encore, au rythme des goûters et des petits-déj’s. Elles apparaissent également sur la table du salon, dans les chambres, devant la télé…

Et on nettoie.

La nouvelle fournée de miettes arrive, en nous narguant. Elles nous narguent, elles nous toisent, et semblent dire « eh toi, la bonniche, qu’est-ce que j’en ai rien, mais rien à foutre de ta gueule… »

Et un jour, fatalement, sans prévenir, le fusible grille. Et on s’observe, choquée, gueuler au milieu de la cuisine pour ces p***** de miettes, ENCORE ces p****** de miettes. On en profite pour énumérer tout le reste qui traîne également, ces trucs pas ragoûtants que je n’ai même pas envie de citer. De l’amante hyper désirable, en une seconde, on vire à la mégère mal-baisée, mal lunée.

Et on se déteste. Et on les déteste, de nous faire ça.

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